Agroéquipements, mieux satisfaire une nouvelle demande

Emplois du temps, pouvoir d’achat, éveil des consciences ou croyances façonnent dorénavant la demande des consommateurs et donc, l’offre du secteur. Les agroéquipements sont-ils la solution pour maximiser la satisfaction client et diminuer la pénibilité pour les agriculteurs ?

 

Comme nous l’avons noté dans notre survol des tendances du monde agricole, les méthodes de travail et les outils à dispositions des structures se doivent de devenir plus spécifiques afin de mieux coller à la demande des consommateurs. Ainsi, les cultures bio renoncent à des décennies de désherbage systémique pour embrasser des habitudes que l’on croyaient perdues, comme le désherbage mécanique. De leur côté, les vignerons apprennent à faire face aux exceptionnalités climatiques (de moins en moins exceptionnelles) à l’aide de bougies anti-gel.

L’équilibre des espaces cultivés et forestiers joue un rôle majeur dans l’entretien de la biodiversité de la faune et de la flore. Il participe notamment à la lutte contre le changement climatique par le stockage du carbone. Ici, les entreprises agricoles ont une responsabilité dans la lutte contre le changement climatique et le maintien de la biodiversité. Car en plus de fournir de la nourriture, les agriculteurs ont été promus chantres de l’environnement et producteurs d’énergie renouvelable.

 

L’enjeu digital

Pas de panique, le secteur a déjà négocié le virage de la modernité. En France, l’agroalimentaire représente le troisième secteur le plus innovant, après l’information et de la communication (73 %) et les énergies (67 %).

Trois agriculteurs sur quatre utilisent Internet pour leur activité au quotidien. La vague actuelle de numérisation, inhérente à la “4e révolution industrielle”, se traduit par l’intersection des technologies utilisées dans les fermes : robotisation, informatique intégrée, collection et traitement des données, IA, etc. Pour les entreprises agricoles, on constate deux enjeux majeurs : la compétitivité (gestion des risques, R&D, conseil) et la traçabilité (big data, mutualisation de l’information). L’échange de données sur les produits avec la distribution et les consommateurs met aussi l’accent sur la transparence, chère à ces derniers, tout en garantissant la pérennité de la filière. Toutefois, l’aspect financier (coût des solutions numériques, capacité d’investissement limitée…) demeure un frein à la transformation numérique des petites structures.

 

La robotisation

Le développement de la robotisation est d’une aide précieuse, surtout avec la pénurie de main d’œuvre qui frappe la profession. Et du robot de traite, déjà utilisé sur 50 % des nouvelles exploitations laitières, au tracteur autonome, il n’y a qu’un pas. Pourtant, le parc actuel de robots dans les exploitations reste modeste, 1 500 unités maximum, et est utilisé principalement pour des applications de manutention, d’emballage et de stockage. Les cobots (robots fonctionnant en collaboration avec un opérateur humain) sont encore moins nombreux.

 

Multiplicité de machines et d’usages

Toujours dans l’optique de la transition agro-écologique, le Gouvernement a mis en place une prime à la conversion, afin de soutenir les entreprises dans la modernisation ou l’acquisition d’agroéquipements plus performants et moins gourmands en ressources. Selon le rapport économique 2021 publié par Axema, le marché des tracteurs et machines agricoles, boosté par “France Relance”, devrait approcher les 6,5 milliards d’euros en 2021. Une prévision confirmée par les prises de commandes de matériels neufs, en croissance de 12 à 16 % en moyenne pour le premier semestre 2021. Mais comme pour les véhicules particuliers, la pénurie de matières premières se fait sentir sur les délais de livraison.

 

La course des constructeurs

Parmi les 516 entreprises françaises fabriquant des équipements agricoles, 85 % sont des TPE/PME, employant au total 26 740 salariés. L’hexagone est aussi le deuxième producteur européen de tracteurs, avec trois usines au Mans, à Bierne et à Beauvais, ainsi que le futur premier show-room de qualité automobile en France.

Autant de nouvelles technologies à apprivoiser pour l’agriculteur, mais aussi le réparateur. Les ateliers de l’agroéquipement font ainsi face à un problème de personnel. À l’instar de l’APV dans les concessions, les mécaniciens agricoles doivent performer aux moyens de nouveaux outils (ordinateurs, tablettes). Les profils de techniciens sont donc en mutation, ce qui complique la tâche des recruteurs. Aujourd’hui, on parle d’environ 7 000 postes d’APV (en majorité des techniciens) à pourvoir. Et l’arrivée de machines et tracteurs électriques pourrait davantage compliquer leur quotidien.

 

L’opinion des consommateurs change. Selon le baromètre BVA #Agridemain du Crédit Agricole, 71 % des Français pensent qu’utiliser des innovations scientifiques et technologiques est un moyen de mieux préserver l’environnement tout en assurant un revenu correct aux agriculteurs. Et ils n’ont pas tort !

 

Sylvain Jeoffroy, Consultant chez Reseaulution

 

Crédit : photo by Robert Wiedemann on Unsplash

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