Formation digitale : les plus du “nouveau normal”

Le monde de l’automobile se modernise à vitesse grand V. Afin de bénéficier de ces opportunités, les réseaux doivent s’assurer que leurs équipes soient préparées à la transition. Miser sur la digitalisation des formations et l’e-learning pourrait représenter la clé de cette transformation digitale.

 

Jusqu’à il y a peu, les formations suivaient un process très classique ; en salle, en groupe, au moyen d’ateliers. Mais c’était sans compter sur 2020. À l’internationale, la pandémie de Covid-19 a agi comme un accélérateur de la diffusion de la formation digitale et a contraint les entreprises à s’adapter. Aujourd’hui, on constate que, comme pour les outils de travail à distance, la demande-client en parcours digitaux a explosé.

 

Bénéfices partagés

Dans l’hexagone, aussi, les entreprises s’intéressent de plus en plus à la digitalisation des formations. Le secteur privé est le premier concerné avec 92 % des entreprises françaises utilisant l’apprentissage en ligne, contre 70 % des institutions publiques. En 2019, la demande de formation en présentiel était déjà en déclin et 97 % des sondés souhaitaient passer au digital, selon une enquête de l’IFTS. Encore loin des chiffres de l’Amérique du Nord et de l’Inde, la France rattrape son retard et enregistre un taux de croissance annuel de 15 % sur le marché de l’e-learning.

Rien d’insolite à cela puisque la formation digitale a depuis longtemps fait ses preuves. Elle permet non seulement de présenter des objectifs clairs, mais aussi de se concentrer sur les besoins de l’apprenant. Selon une étude Brandon Hall Group (publiée dans Forbes en 2017), l’apprentissage en ligne prend 40 à 60 % de temps en moins pour les employés par rapport à l’apprentissage traditionnel. Résultat, les économies sont, elles aussi, flagrantes. Ainsi, on constate que l’e-learning permet de réduire le coût de formation par apprenant de manière considérable par rapport au présentiel qui inclut souvent des frais extérieurs.

 

Repenser les cursus

Mais pour aboutir à de tels résultats, les plans d’actions doivent évoluer et les parcours de formation être repensés. Car envisager la formation digitale comme une simple utilisation de l’outil numérique est une simplification excessive. On prend alors le risque de passer à côté de l’ambition majeure : améliorer l’apprentissage, et non uniquement le poursuivre via des canaux digitaux. Pour ce faire, la formation doit avant tout être claire et harmonisée et doit aussi intervenir sur le synchrone et l’asynchrone et alterner ces deux modes. Pour le formateur, cela permet d’insister sur les objectifs et de développer l’autonomie de l’apprenant.

La formation dans le secteur automobile est aussi confrontée à ses propres problématiques. Dans les structures privilégiant le présentiel, les formateurs avaient le loisir de se servir d’un véhicule pour illustrer leur propos. Avec l’outil digital, ces derniers perdent cette opportunité, mais aussi les contraintes qui vont avec. En parallèle, ils s’ouvrent toutefois de nouvelles possibilités comme l’utilisation d’un environnement virtuel, la projection de vidéos explicatives et le paramétrage de la documentation avec le branding de la marque.

 

Le choix des armes

Classe virtuelle, vidéo, audio, infographie, one-on-one, réalité virtuelle, il existe une immense variété de supports multimédias interactifs. Il est toutefois primordial pour les formateurs de ne pas céder au chant des sirènes de la technologie et de privilégier la cohérence entre les ressources digitales. En effet, on ne fait passer les bons messages qu’en utilisant les bons outils. L’intégration réfléchie de la technologie permet, à l’inverse, aux apprenants d’être activement confrontés à des idées novatrices et ainsi qu’à leurs pairs, améliorant ainsi l’expérience d’apprentissage. C’est un défi qui doit être articulé et nuancé stratégiquement pour être le plus efficace possible.

La formation digitale utilise un vaste éventail de stratégies éducatives optimisées par la technologie. Il comprend l’apprentissage inversé, l’apprentissage personnalisé et d’autres stratégies qui s’appuient sur des outils numériques à un degré plus ou moins élevé. À noter que le digital n’empêche pas le présentiel, constituant ainsi des formations hybrides ou blended learning,. L’essentiel reste de recréer ou d’aménager les parcours afin de toujours rester à la pointe de l’innovation.

 

Dépasser les hésitations

Dans nombre d’entreprises, la formation est vécue comme un mal inéluctable, un passage obligé qui au mieux perturbe les habitudes, et au pire coûte de l’argent à la société sans retour tangible. Pourtant, les formateurs et les marques s’accordent pour dire que l’apprentissage numérique a un impact positif sur la croissance professionnelle et la résilience des apprenants.

Pour les réseaux, la possibilité d’étaler les cours sur plusieurs semaines ou d’alterner formation et jours travaillés offre l’opportunité de s’adapter au rythme spécifique de chaque secteur et entreprise. C’est aussi la chance de présenter un parcours structuré et plus ciblé, mais aussi de toucher plus de personnes, grâce à une organisation qui évite les fluctuations d’équipes.

En bref, la formation digitale peut améliorer les expériences d’apprentissage, faire gagner du temps aux apprenants et aux formateurs, permettre à ces derniers de mieux adapter l’apprentissage aux divers besoins, faciliter le suivi des progrès des apprenants et assurer la transparence du processus d’apprentissage à toutes les étapes du réseau. Mais chaque médaille a son revers. Lorsque l’apprentissage n’est pas en présentiel, on remarque que les réseaux ne sont pas toujours en mesure de fournir les outils et environnements propices à l’acquisition de connaissances.

 

Perspectives

Toutefois, le 100 % en ligne n’est pas encore à l’ordre du jour puisque ce sont les formations hybrides, mélangeant présentiel et distanciel qui sont les plus appréciées des entreprises du secteur privé et des institutions. Si l’on a constaté un boom des formations digitales à l’orée de la récente crise sanitaire, on peut s’attendre à des changements de plus grande envergure dans les prochaines années. En effet, l’apport du big-data permettrait, entre autres, d’améliorer le feed-back, d’hyper-personnaliser les cours, d’observer les habitudes des apprenants, et aussi de fournir des informations précises sur la façon dont l’apprentissage se déroule aux diverses parties prenantes.

 

Frédéric Béreau, Responsable Développement nouveaux marchés chez Reseaulution

 

 

 

Crédit : photo by Nick Morrison on Unsplash

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